Nous sommes bel et bien dans un schéma disruptif pour la profession d’éditeur.
Mercredi 28 janvier 2009Disruptif: (XVI e siècle) Au sens de « qui sert à rompre ». Dérivé savant, avec le suffixe adjectival -if, du latin disruptum, supin de disrumpere (« briser en morceaux, faire éclater »). Wiktionnaire
Cet article est la réponse que nous faisons à Aldus sur son blog http://aldus2006.typepad.fr dans une suite d’échanges intéressants au sujet du ePUB et des formats pour le livre électronique. Elle résume assez bien notre position et notre travail avec La Poule ou l’Œuf. Les citations sont extraites du dernier commentaire de Aldus.
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Nous ne sommes pas dans un schéma disruptif pour la profession, faire croire cela n’est pas honnête
Les Complexes: Nous pensons exactement l’inverse et ne pas le voir est étonnant ! La musique a été complètement transformée en très peu de temps, les radios de musique sont en chute libre, la presse écrite fait une mutation très difficile, la télévision explose de partout (VOD), et le monde du livre suivrait gentiment son bonhomme de chemin ?! Nous avons affaire à une révolution numérique qui a déjà transformé de fond en comble le monde de l’imprimerie dans les 15 dernières années. Aujourd’hui c’est bien le sens de la production et du commerce du livre qui sont en train d’être chamboulés par Internet !
On ne peut pas dire aux éditeurs d’oublier la vente de fichiers
Les Complexes: Si on le peut ! Mais ils sont incapables d’entendre, surtout si ils sont gros − la politique choisie pour l’instant est la résistance. Pourtant certains commencent à le comprendre. Nous sommes conscients de cette inertie c’est pour cela que nous proposons différents formats de sortie dans notre application (pdf,LaTeX et, à venir, tei,epub,docbbok…). Mais l’objet livre s’arrête, en tant qu’objet, avec le papier. Le numérique et le web ouvrent une nouvelle ère pour cet ordre spécifique de discours qu’est le livre. Le fichier est un intermédiaire avant le livre en streaming ! Il faut pour l’instant faire avec, et le ePUB n’est pas le plus mauvais format pour cette passerelle. Mais la créativité et la plus value de la numérisation viendra du livre-service − pas du livre fichier. Nous confondons souvent la technologie e-ink avec les readers ! L’encre électronique est révolutionnaire mais pas les readers qui peinent depuis longtemps à montrer leur intérêt par rapport au livre papier ! Un livre numérique, ce n’est pas un fichier que l’on transfère dans un reader et qui simule le livre papier, l’intérêt est pratiquement nul. Un livre électronique est un livre que l’on peut annoter, triturer, indexer, personnaliser, commenter, pour soi ou en partage. C’est un livre hyperlié, connecté vers d’autres données (autres livres, bases bibliographiques, bases de données… ). Bref c’est un service web !
Mettre en place une chaîne XML de l’auteur à la machine (lecteur ou machine d’impression), c’est impensable ou alors dans un cas d’école
Les Complexes: Alain Pierrot serait sûrement plus qualifié que nous sur cette question, mais cette affirmation nous semble fausse ! Si vous utilisez un traitement de texte récent (Word-OpenOffice) vous sortez du XML et si votre éditeur met en place une chaine de type →TEI→XSL-FO→PDF (pour l’impression) et →TEI→XSLT→HTML la chaine est complète et il n’y a rien d’extraordinaire là-dedans. À notre connaissance c’est comme ça que travaille revue.org avec des éditeurs de revues exclusivement papier à l’origine.
Le problème c’est la longueur de la chaine et le nombre de passages. Imaginez un Indesign en ligne et vous aurez compris notre travail. Et le travail de maquettiste n’est pas du tout incompatible avec la formulation xml !



