Archive pour la catégorie ‘Qu'est ce qu'un livre?’

Outil d’annotation

Mercredi 15 avril 2009

De l’un des aspects de la plus-value du livre Web… (4min05s)

  • surlignement,
  • création d’un index de lecture,
  • insertion de notes simples à l’intérieur d’un paragraphe,
  • insertion de notes complexes à la suite d’un paragraphe,
  • extraction de citations et de leurs références (url, métadonnées).

La vidéo ci-dessous présente les outils d’annotation liés aux livres (Html et Html zippé) produits avec La Poule ou l’Œuf une fois que ceux-ci ont été clos par leur auteur (éditeur).

À venir
Nous travaillons sur l’extraction de ces notes de lecture pour la constitution de fiches de lecture réexploitables (en ODT) et sur leur interfacage avec une plateforme Web de partage de notes. Ces outils ont présentés ici dans un reader permettant de manipuler, en local ou en ligne, les livres Html zippés issus du logiciel. Une extension pour Firefox permet d’en faire autant depuis le navigateur, l’avantage de ce petit reader multi-plateformes étant de pouvoir le “designer” à ses propres couleurs, logos, etc, et d’offrir une interface réservée à son catalogue, sans barres d’adresse et autres marque-pages…

Reader, extension FireFox et outils d’annotation seront livrés avec la prochaine mise à jour de La Poule ou l’Œuf

Nous sommes bel et bien dans un schéma disruptif pour la profession d’éditeur.

Mercredi 28 janvier 2009

Disruptif: (XVI e siècle) Au sens de « qui sert à rompre ». Dérivé savant, avec le suffixe adjectival -if, du latin disruptum, supin de disrumpere (« briser en morceaux, faire éclater »). Wiktionnaire

Cet article est la réponse que nous faisons à Aldus sur son blog http://aldus2006.typepad.fr dans une suite d’échanges intéressants au sujet du ePUB et des formats pour le livre électronique. Elle résume assez bien notre position et notre travail avec La Poule ou l’Œuf. Les citations sont extraites du dernier commentaire de Aldus.

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Nous ne sommes pas dans un schéma disruptif pour la profession, faire croire cela n’est pas honnête

Les Complexes: Nous pensons exactement l’inverse et ne pas le voir est étonnant ! La musique a été complètement transformée en très peu de temps, les radios de musique sont en chute libre, la presse écrite fait une mutation très difficile, la télévision explose de partout (VOD), et le monde du livre suivrait gentiment son bonhomme de chemin ?! Nous avons affaire à une révolution numérique qui a déjà transformé de fond en comble le monde de l’imprimerie dans les 15 dernières années. Aujourd’hui c’est bien le sens de la production et du commerce du livre qui sont en train d’être chamboulés par Internet !

On ne peut pas dire aux éditeurs d’oublier la vente de fichiers

Les Complexes: Si on le peut ! Mais ils sont incapables d’entendre, surtout si ils sont gros − la politique choisie pour l’instant est la résistance. Pourtant certains commencent à le comprendre. Nous sommes conscients de cette inertie c’est pour cela que nous proposons différents formats de sortie dans notre application (pdf,LaTeX et, à venir, tei,epub,docbbok…). Mais l’objet livre s’arrête, en tant qu’objet, avec le papier. Le numérique et le web ouvrent une nouvelle ère pour cet ordre spécifique de discours qu’est le livre. Le fichier est un intermédiaire avant le livre en streaming ! Il faut pour l’instant faire avec, et le ePUB n’est pas le plus mauvais format pour cette passerelle. Mais la créativité et la plus value de la numérisation viendra du livre-service − pas du livre fichier. Nous confondons souvent la technologie e-ink avec les readers ! L’encre électronique est révolutionnaire mais pas les readers qui peinent depuis longtemps à montrer leur intérêt par rapport au livre papier ! Un livre numérique, ce n’est pas un fichier que l’on transfère dans un reader et qui simule le livre papier, l’intérêt est pratiquement nul. Un livre électronique est un livre que l’on peut annoter, triturer, indexer, personnaliser, commenter, pour soi ou en partage. C’est un livre hyperlié, connecté vers d’autres données (autres livres, bases bibliographiques, bases de données… ). Bref c’est un service web !

Mettre en place une chaîne XML de l’auteur à la machine (lecteur ou machine d’impression), c’est impensable ou alors dans un cas d’école

Les Complexes: Alain Pierrot serait sûrement plus qualifié que nous sur cette question, mais cette affirmation nous semble fausse ! Si vous utilisez un traitement de texte récent (Word-OpenOffice) vous sortez du XML et si votre éditeur met en place une chaine de type →TEI→XSL-FO→PDF (pour l’impression) et →TEI→XSLT→HTML la chaine est complète et il n’y a rien d’extraordinaire là-dedans. À notre connaissance c’est comme ça que travaille revue.org avec des éditeurs de revues exclusivement papier à l’origine.
Le problème c’est la longueur de la chaine et le nombre de passages. Imaginez un Indesign en ligne et vous aurez compris notre travail. Et le travail de maquettiste n’est pas du tout incompatible avec la formulation xml !

L’objet Web, la fin du document “unimorphe”

Dimanche 7 décembre 2008

Jusqu’à maintenant un document informatique ressemblait grosso-modo à un fichier, toujours offert − accessible − sous la même forme. Le Web est en train de transformer cette évidence. Le concept d’objet Web n’est pas encore bien formalisé mais les changements importants dans le partage et l’exploitation documentaire nous obligent à réviser nos idées sur le sujet.

Prenons un exemple simple pour montrer le changement de forme qu’ont subi les documents en passant sur le Web. La méthode la plus « simple » pour lire une vidéo, jusqu’à récemment, était de la télécharger puis de la lire avec un logiciel approprié. Des portails comme Dailymotion et Youtube offrent en plus du visionnage, à l’intérieur du navigateur, un ensemble de données supplémentaires. On trouve tags, channels, notes, commentaires, quelques méta-données (durée, posteur… ) Bref il ne s’agit déjà plus un document comme on le connaissait.

Ce qui caractérise le plus un objet Web, en plus des informations supplémentaires ou méta-données, ce sont les services qui peuvent lui être rattachés du fait de la distinction des informations qui le constituent, sans remise en cause de son unité.

Les services de communication :

La façon la plus évidente de rentrer en interaction avec un objet Web c’est la « publication web » faite principalement de pages écrites en Html. Mais on peut imaginer d’autres formats plus appropriés dans d’autres situations d’utilisations. Ici le format, prend un sens particulier par rapport à notre utilisation courante. Il devient synonyme de « méthode de communication » et implique d’utiliser des formats/protocoles ouverts.
En plus des humains et des machines qui ne cessent d’indexer, répertorier, trier… ce sont nos méthodes de connexion au Net qui ne cessent, elles aussi, de s’accroître : mobiles, netbook, gps, reader… Un ojet Web a ainsi l’obligation de la polymorphie pour offrir des services pour chacun des utilisateurs, machines comprises, avec leurs propres besoins.

Dans l’application Web La Poule ou l’ŒUF , faite pour fabriquer des objets Web-livres, nous essayons de reprendre cette logique. La polymorphie commence ici avec la construction de l’objet en facilitant l’importation depuis d’autres formats (texte « wikiisé », ODT, et dans un avenir proche Latex et epub) mais aussi avce la communication extérieure avec le PDF (pour créer une version papier), LaTeX, ODT, TEI, epub, DocBook et txt.

Des services spécialisés :

La demande peut être plus précise et porter sur certains points de l’objet Web. Au-delà des méta-données on peut ne vouloir que certains morceaux, certaines parties. Dans le cadre des objets Web-livres il peut s’agir uniquement de la bibliographie, de la table des matières, de l’index, de l’historique d’un chapitre, des notes de(s) l’auteur(s), d’un résumé, d’une dimension particulière, des noms propres dans le texte ou tout élément qui aura été marqué sémantiquement etc.

Le concept d’objet Web permet de clarifier la forme que prend le « document » sur Internet. Mais il reste beaucoup à faire et nous devons nous inspirer des métaphores mises au point dans le monde de la programmation orientée objet. Dans ce cadre les objets ont la possibilités de s’adjoindre « facilement » de nouvelles propriétés, de nouvelles fonctions. Nous n’en sommes qu’aux premierx balbutiement de ce concept promis à un grand avenir.

Le livre et le projet (flux)

Vendredi 20 juin 2008

Une fois définies les balises qui distinguent le livre comme mode de pensée (structure, clôture, intégrité, planification, malléabilité, références) nous pensons qu’il est indispensable d’offrir aux auteurs, aux éditeurs, aux lecteurs, c’est à dire au livre, l’intégration dans le Web.

Et nous parlons bien d’intégration dans le Web, par opposition à la transition au travers du Web. Dans le premier cas nous parlons d’un Web comme flux de contenus structurés au gré des besoins et non seulement d’un lieu dans lequel transiteraient des contenus statiques.

Un flux ne menace en aucun cas l’intégrité des contenus, en lecture seule. C’est la réponse à une demande de service, à un besoin, à un projet.

A titre d’exemple un flux RSS, c’est à dire un fichier XML construit à partir d’éléments choisis, ne met pas en danger l’intégrité d’un Blog. C’est un service que rend l’application qui sous-tend le Blog.

Il ne s’agit pas d’une personnalisation mais d’une sélection et d’une mise à disposition de tout ou parties du livre selon une logique différente, pour répondre à un besoin donné. Une table des matières, un index, une liste des figures ou un niveau “débutant” ne menacent pas l’intégrité d’un livre. Ce sont des sélections qui informent le lecteur, le chercheur, le bibliothécaire et l’auteur! Informent au sens de “donnent des renseignements” mais aussi au sens de “permettent à la pensée de prendre forme, d’articuler les idées d’une façon différente”.

Le livre doit pouvoir être pensé de la même façon comme un ensemble de contenus XML liés entre eux. Le flux principal est le livre entier, les contenus liés entre eux par le plan. Ce flux est publié ensuite en différents formats statiques de publication (Html, Pdf, etc.). Il répond au premier désir de l’auteur.

Mais on peut également décider d’exploiter cette source première pour créer d’autres flux:

  • flux RSS;
  • flux de telle ou telle balise structurelle ou sémantique, pour fournir à un bibliothécaire ou à un chercheur les données dont il a besoin: table des matières, notice bibliographique, liste des métaphores, nom des personnages et chapitres d’apparition;
  • flux pour une lecture différentielle: imaginons un manuel d’informatique se présentant sous trois flux différents; “débutant”, “intermédiaire” et “avancé”. Ou un roman avec ses historiques de rédaction, un classique avec son édition commentée, un roman à plusieurs voix;
  • un flux public, un flux privé;
  • un ou des flux d’accessibilité aux handicapés;

Les besoins restent à imaginer. Quels sont, quels seront ceux des auteurs, lecteurs, éditeurs, libraires ? Et avec quels objectifs? Partage, recherche, analyse, classification, information, collaboration, création… Quels qu’ils soient ils ne pourront évoluer mieux que dans le Web, lieu de rencontre inédit entre sources (intègres), projets et outils.

Le livre Complexe

Jeudi 19 juin 2008

Nous pensons que le livre doit être intégré dans le Web pour différentes raisons. Internet n’est pas seulement un canal de distribution. C’est aussi un outil de création et un lieu d’exploitation fine et de partage des connaissances.

Nous n’envisageons donc non pas de transférer des fichiers-livres statiques à travers cette boite postale moderne mais de produire des livres intégrés au réseau, que leur destination finale soit électronique, papier, vocale ou autre.

Pour procéder sans douleur il faut d’abord définir ce qui distingue un livre des autres formes de discours et doit être respecté dans son évolution.

  1. Le livre n’est ni une technique, ni un format. C’est un mode d’expression : sa définition ne tient pas à son support papier ou électronique, au stylo ou à la souris. La complexité n’est  pas là, elle est dans l’objet logique.
  2. C’est un document fini: Le processus d’écriture d’un livre possède un début et une fin et c’est son ou ses auteurs qui en déterminent la fin, c’est à dire la clôture. L’auteur estime un livre arrivé à son terme et le publie. Ce qui ne l’empêchera pas de travailler à une seconde ou une troisième édition du livre en question. Ce caractère fini permet d’en faire une référence pérenne.
  3. Aux contenus divers, tant par la forme que par le fond : - Sélection d’articles ou de contributions diverses (poèmes, nouvelles, cours, présentations données au cours de colloques, rapports…); - Texte unitaire (thèse, essai, roman : introduction-développement-conclusion, suite de chapitres…); - Textes, exercices, graphiques, tableaux, sons, vidéos…
  4. Planifiable et malléable : Un livre suit un plan qui peut être remanié quel que soit le degré d’avancement du projet ; Il doit pouvoir garder la trace de son évolution, des versions, et pouvoir y revenir si nécessaire, jusqu’au bouclage. Cette malléabilité et l’acte de clôture sont les garants du principe d’auteur contre la contrainte de la technique sur le contenu.
  5. Offrant un réseau de références multiples, externes ou internes, dont les liens sont conservés quel que soit le format de publication : notes de bas de pages, citations, références bibliographiques, listes de tableaux, listes de figure, liens internes, annexes, Index.

Ces balises déterminent un ordre de discours que ne sont pas le site Internet (fortement lié à un support et non fini), le blog (non fini, non planifiable…) ou le forum (la liste serait longue!). Bien qu’imprimables et reliables, et aussi “personnalisables” soient-ils, ce ne sont pas des livres. Ce sont des albums, des catalogues, des magazines, des annuaires…

Une fois ce cadre logique mis en place et supporté par un outil, nous sommes prêts à penser le passage du livre dans et par le Web.