Archive pour juin 2008

Le livre et le projet (flux)

Vendredi 20 juin 2008

Une fois définies les balises qui distinguent le livre comme mode de pensée (structure, clôture, intégrité, planification, malléabilité, références) nous pensons qu’il est indispensable d’offrir aux auteurs, aux éditeurs, aux lecteurs, c’est à dire au livre, l’intégration dans le Web.

Et nous parlons bien d’intégration dans le Web, par opposition à la transition au travers du Web. Dans le premier cas nous parlons d’un Web comme flux de contenus structurés au gré des besoins et non seulement d’un lieu dans lequel transiteraient des contenus statiques.

Un flux ne menace en aucun cas l’intégrité des contenus, en lecture seule. C’est la réponse à une demande de service, à un besoin, à un projet.

A titre d’exemple un flux RSS, c’est à dire un fichier XML construit à partir d’éléments choisis, ne met pas en danger l’intégrité d’un Blog. C’est un service que rend l’application qui sous-tend le Blog.

Il ne s’agit pas d’une personnalisation mais d’une sélection et d’une mise à disposition de tout ou parties du livre selon une logique différente, pour répondre à un besoin donné. Une table des matières, un index, une liste des figures ou un niveau “débutant” ne menacent pas l’intégrité d’un livre. Ce sont des sélections qui informent le lecteur, le chercheur, le bibliothécaire et l’auteur! Informent au sens de “donnent des renseignements” mais aussi au sens de “permettent à la pensée de prendre forme, d’articuler les idées d’une façon différente”.

Le livre doit pouvoir être pensé de la même façon comme un ensemble de contenus XML liés entre eux. Le flux principal est le livre entier, les contenus liés entre eux par le plan. Ce flux est publié ensuite en différents formats statiques de publication (Html, Pdf, etc.). Il répond au premier désir de l’auteur.

Mais on peut également décider d’exploiter cette source première pour créer d’autres flux:

  • flux RSS;
  • flux de telle ou telle balise structurelle ou sémantique, pour fournir à un bibliothécaire ou à un chercheur les données dont il a besoin: table des matières, notice bibliographique, liste des métaphores, nom des personnages et chapitres d’apparition;
  • flux pour une lecture différentielle: imaginons un manuel d’informatique se présentant sous trois flux différents; “débutant”, “intermédiaire” et “avancé”. Ou un roman avec ses historiques de rédaction, un classique avec son édition commentée, un roman à plusieurs voix;
  • un flux public, un flux privé;
  • un ou des flux d’accessibilité aux handicapés;

Les besoins restent à imaginer. Quels sont, quels seront ceux des auteurs, lecteurs, éditeurs, libraires ? Et avec quels objectifs? Partage, recherche, analyse, classification, information, collaboration, création… Quels qu’ils soient ils ne pourront évoluer mieux que dans le Web, lieu de rencontre inédit entre sources (intègres), projets et outils.

Le livre Complexe

Jeudi 19 juin 2008

Nous pensons que le livre doit être intégré dans le Web pour différentes raisons. Internet n’est pas seulement un canal de distribution. C’est aussi un outil de création et un lieu d’exploitation fine et de partage des connaissances.

Nous n’envisageons donc non pas de transférer des fichiers-livres statiques à travers cette boite postale moderne mais de produire des livres intégrés au réseau, que leur destination finale soit électronique, papier, vocale ou autre.

Pour procéder sans douleur il faut d’abord définir ce qui distingue un livre des autres formes de discours et doit être respecté dans son évolution.

  1. Le livre n’est ni une technique, ni un format. C’est un mode d’expression : sa définition ne tient pas à son support papier ou électronique, au stylo ou à la souris. La complexité n’est  pas là, elle est dans l’objet logique.
  2. C’est un document fini: Le processus d’écriture d’un livre possède un début et une fin et c’est son ou ses auteurs qui en déterminent la fin, c’est à dire la clôture. L’auteur estime un livre arrivé à son terme et le publie. Ce qui ne l’empêchera pas de travailler à une seconde ou une troisième édition du livre en question. Ce caractère fini permet d’en faire une référence pérenne.
  3. Aux contenus divers, tant par la forme que par le fond : - Sélection d’articles ou de contributions diverses (poèmes, nouvelles, cours, présentations données au cours de colloques, rapports…); - Texte unitaire (thèse, essai, roman : introduction-développement-conclusion, suite de chapitres…); - Textes, exercices, graphiques, tableaux, sons, vidéos…
  4. Planifiable et malléable : Un livre suit un plan qui peut être remanié quel que soit le degré d’avancement du projet ; Il doit pouvoir garder la trace de son évolution, des versions, et pouvoir y revenir si nécessaire, jusqu’au bouclage. Cette malléabilité et l’acte de clôture sont les garants du principe d’auteur contre la contrainte de la technique sur le contenu.
  5. Offrant un réseau de références multiples, externes ou internes, dont les liens sont conservés quel que soit le format de publication : notes de bas de pages, citations, références bibliographiques, listes de tableaux, listes de figure, liens internes, annexes, Index.

Ces balises déterminent un ordre de discours que ne sont pas le site Internet (fortement lié à un support et non fini), le blog (non fini, non planifiable…) ou le forum (la liste serait longue!). Bien qu’imprimables et reliables, et aussi “personnalisables” soient-ils, ce ne sont pas des livres. Ce sont des albums, des catalogues, des magazines, des annuaires…

Une fois ce cadre logique mis en place et supporté par un outil, nous sommes prêts à penser le passage du livre dans et par le Web.

Divine pagination

Mercredi 18 juin 2008

Nous voulons ici revenir sur l’un des arguments soutenant l’idée selon laquelle le livre est un objet trop complexe pour être transposé sur la Toile. Il s’agit de l’argument de la pagination.

Il nous semble que les tenants de cette complexité du livre, plutôt que de se demander en quoi pouvait être utile la pagination et comment nous pouvons la simuler ou la remplacer, expriment un projet: faire d’Internet un simple lieu de passage, un canal de distribution pour des fichiers pensés en vue d’outils de lecture qui leur seraient dédiés. Selon cette logique, avec le numérique tout change mais surtout pas la culture du livre, le commerce du livre et sa fabrication, réservés à des professionnels, à des experts !

L’argument repose sur la seule problématique du positionnement lors de citations ou de références au texte. Comment faire quand on n’a plus de page ?

Comment faisait-on avant l’imprimerie, quand il n’y avait aucune pagination et que le nombre de feuillets changeait d’une copie manuscrite à l’autre? La pagination fonctionne en effet uniquement si tout le monde s’entend sur une édition de référence. Oubliez les éditions multiples et les fichiers en flux lisibles depuis Internet. Vous devez, pour ne pas perdre de temps, avoir la même édition.

Pour segmenter une œuvre il existe pourtant de nombreux éléments, chapitres, sections, sous-sections, et des plus fins, comme les versets que l’on retrouve dans la Bible. Ces petits découpages sont extrêmement précis et pratiques pour retrouver un passage quand on a des formats d’éditions différents les uns des autres ! N’est-ce pas notre cas ?

Ce principe biblique est repris, en toute humilité (!), dans la Poule ou l’Oeuf. Chaque paragraphe d’un livre y est numéroté, de façon fixe et définitive une fois le livre clos par son auteur. Cette numérotation peut être visible ou invisible, que se soit pour Internet ou pour la version pdf. Sur Internet, un simple clic sur un paragraphe la fait apparaître. (Vous pouvez tester ce procédé sur notre documentation en ligne: http://www.lescomplexes.com/tuto/)

La numérotation des paragraphes est une solution parmi d’autres. On peut envisager l’utilisation de compteurs de tous genres, qu’ils soient incrémentés de façon automatique ou selon une segmentation imaginée par l’auteur. Car ce qui compte c’est d’atteindre à coup sûr la référence que l’on cherche et qu’il soit facile de comprendre son mécanisme. L’hypertexte permet avec une utilisation cohérente des urls d’arriver a ce résultat de façon intuitive. En utilisant un modèle simple d’URL comme celle-ci :

www.leSiteBaseDeDonnée.com/collectionX/livreX/chapitreX#paragrapheX

Il est facile de construire et de pointer une citation (pardon pour l’auto-citation!) :

Le lien : http://www.lescomplexes.com/v1.1/collections/col_pouloeuf1_1/pouloeuf/chapitre-90-fr.poule#para4

et la citation : “L’application est un outil de transformation, c’est un mode relationnel.”

Signature.

Mardi 17 juin 2008

Bien, bien, bien.

Comment ce blog a-t-il été découvert et référencé avant même que nous ne décidions de le rendre public?! Qu’importe! Notre premier post, qui se voulait une présentation des thèmes à venir, était une ébauche. Aprés relecture et constat de sa publicité (au sens propre) nous l’assumons pleinement. En voici cependant la fin et la signature!

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Bienvenue à tous.

Nous espérons que l’approche des Complexes donnera lieu à des discussions constructives autour du XML, des DTD, du Html, des moteurs de livre, du livre comme objet clos, complexe, long, lent, public ou privé, référence, séminaire ou silencieux, papier ou électronique, évoluant, ouvert au service Web, etc.

Chloé Girard et David Dauvergne.

Accords et désaccords

Lundi 16 juin 2008

L’association Les Complexes développe La Poule ou l’Oeuf, application Web de production de livres, à destination papier ou électronique, et de gestion de collections.

Ce travail est basé sur une réflexion autour du livre et des nouveaux outils à sa disposition. Nous voulons penser le livre dans un Web qui est canal de diffusion ET mode de création ET mode de partage des connaissances, que sa finalité soit l’électronique ou le papier.

Notre outil logiciel est donc conçu comme un outil de pensée et non seulement de diffusion.

Cependant les avis semblent diverger dans ce microcosme que constituent les “gens” du livre électronique sur ce que ces réflexions impliquent en termes de formats de production et/ou de publication, d’outils de lecture et de modes de référencement.

Nous sortons tout juste ou presque du Bookcamp organisé ce samedi 14 juin par Hubert Guillaud. La naissance de ce blog constitue peut-être un “effet collatéral” de cet évènement. Je m’explique.

Tout d’abord nous devons remercier H. Guillaud pour l’organisation de cette journée autour du livre électronique. Il est vraiment indispensable de pouvoir se parler de vive voix à l’occasion et de confronter les points de vue (d’autant que le notre est pour l’instant minoritaire, il faut bien le dire!). Certains nous ont fait bouillir, fulminer, bien entendu, d’autres, moins nombreux, nous ont enthousiasmés. Ce fut notre plus grande surprise!

Le constat s’impose. Face à des commentaires post-bookcamp qui résument certaines discussions à une opposition entre ceux qui “sont convaincus que tout se règle avec un navigateur web, une bonne interface et du texte recomposable” et ceux qui font “prendre conscience, à l’aide d’exemples, de la complexité du livre imprimé” nous nous rendons compte

  1. que d’autres tables rondes nous seront nécessaires pour faire entendre notre approche et notre travail pour la complexité du livre par le Web (oui, c’est possible!).
  2. que, en attendant, il nous faudra expliciter encore et encore notre conception technique, philosophique, typographique, etc. du livre.