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Chaînes éditoriales, édition, une émission de radio aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre

Dimanche 25 juillet 2010

Titre : édition libre.
Intervenants :

  • Christophe Masutti, Framasoft, coordonnateur et auteur du livre « Richard Stallman et la révolution du logiciel libre » ;
  • Chloé Girard, du projet La Poule ou l’Œuf ;
  • Julie Wojcicki et Mathias Valais-Gérard, du projet Scenari.

http://radio2010.rmll.info/ep/edition-libre

Durée : 40 minutes

Une amicale dynamique Scénari vs La Poule ou l’Oeuf qui permet de différencier les objectifs et approches des deux chaînes éditoriales ainsi que d’évoquer les problématiques actuelles de l’édition, des exploitations papier et électroniques des livres, etc.

Et merci à la radio des RMLL qui chaque année offre aux intervenants du Libre de présenter leur travail et de croiser leurs idées sous cette forme éminemment conviviale et baladeuse.

BookCamp Paris: résumé atelier “Forge”

Jeudi 1 octobre 2009

Les Complexe a animé au Bookcamp Paris, ce 26 septembre, un atelier intitulé “Une forge éditoriale comme place de marché” pour lequel nous avions invité François Élie, président de la forge ADULLACT pour les collectivités territoriales.

Avec ce premier exemple de forge verticale clients/développeurs nous voulions montrer ce que les professionnels de l’édition pourraient tirer d’une mutualisation autour de projets de développement métier. (Dans le texte ci-dessous nous employons le terme “éditeurs” pour désigner l’ensemble des métiers du livre.)

Une forge client ?

Cela consiste à:

  • monter des groupes de travail ciblés sur des besoins précis : déterminer quel(s) logiciel(s) ou développeurs pourraient répondre à ces besoins, collectivement (passerelles entre logiciels existants) ou individuellement (un module métier spécifique à ajouter à un logiciel donné),
  • organiser le financement mutualisé de ces développements,
  • répertorier et faire connaître à l’ensemble de la communauté de clients les logiciels métiers libres pertinents (http://adullact.net/softwaremap).

Les objectifs sont:

  • ne payer qu’une seule fois un travail (développement logiciel) qui ne demande pas à être re-produit à chaque nouvel exemplaire,
  • faire exister ses propres outils métiers plutôt que de dépendre exclusivement de la feuille de route des développeurs,
  • mutualiser et maintenir un patrimoine commun de logiciels libres métier.

Les développeurs libres peuvent y voir les avantages suivants:

  • faire financer leur travail en amont,
  • intégrer leur travail à celui des autres développeurs dans une optique de passerelles entre logiciels existants au lieu de réinventer la roue pour offrir un outil unique omnipotent.

Une quinzaine de personnes ont assisté à cet atelier et sont intervenues avec les remarques et questions suivantes:

La motivation des payeurs

Quelle peut être la motivation pour un éditeur de payer un développement dont d’autres profiteraient ? François Élie y a répondu par l’avantage d’être soi-même maître d’oeuvre du développement de ses propres outils. D’autre part une utilisation élargie assure la pérennité d’un outil et motive l’élargissement de son financement ultérieur. L’éditeur a ainsi tout à gagner à l’utilisation de “son” développement par les ouvriers de la 11ème heure.

Anti-capitaliste ?

Le caractère anti-capitaliste d’une telle forge: une forge clients est précisément une place de marché. Les acteurs y sont à titre de clients et de fournisseurs, les premiers se rejoignant dans un projet précis pour un achat unique et émettant des appels d’offre à destination des développeurs.

Coopérative ?

La nécessité des éditeurs de se regrouper en coopérative: en aucune façon. Les clients sont parfaitement indépendants les uns des autres mais regroupés en groupes de travail ciblés et temporaires.

Anti-concurrenciel ?

Les éditeurs n’ont pas intérêt à mutualiser ce qui peut constituer un avantage commercial. Dans le cas contraire les éditeurs ont deux choix:

  1. payer chaque année les licences de logiciels propriétaires dont ils ne maîtrisent ni l’existence ni l’orientation, et qui ne confèrent pas d’avantage commercial.
  2. financer du développement en interne pour voir éventuellement s’en aller les seules personnes compétentes pour l’évolution et l’interopérabilité de l’outil en question.

Personnes ressources ?

Qui fera le lien entre éditeurs et développeurs ? Les mêmes conseillers qu’aujourd’hui pour les éditeurs pourvus de tels conseillers, le groupe de travail concerté en lien direct avec les développeurs, une situation directe et inédite pour la plupart des éditeurs.

Prescription des normes

La prescription des normes: les normes ne sont pas du ressort d’une telle forge mais de celle des professionnels de l’édition en amont, dans leur veille. La forge est le lieu de la mise en oeuvre des outils répondant à ces normes. Ces normes sont de toute façon connues des développeurs lesquels peuvent donner un avis technique sur leur pertinence, évolutivité, contraintes, avantages….

L’Adullact comme forge éditoriale ?

Certains ont semblé voir dans l’ADULLACT la forge prête à accueillir les éditeurs. Or “L’ADULLACT s’est donnée pour objectifs de soutenir et coordonner l’action des collectivités territoriales, des administrations publiques et des centres hospitaliers dans le but de promouvoir, développer, mutualiser et maintenir un patrimoine commun de logiciels libres utiles aux missions de service public.” (http://www.adullact.org/) Aux éditeurs de monter leur propre forge, avec le conseil éventuel des acteurs de l’ADULLACT.

Dynamique petits et gros éditeurs

L’intérêt d’une telle forge a été également envisagé sous l’angle de la différence de moyens entre petits et gros éditeurs. La mutualisation des fonds et intérêts des petits éditeurs pour l’orientation de leurs outils libres de production et d’exploitation leur offre évidemment des perspectives intéressantes face au coût important et renouvelé de logiciels propriétaires qui “s’imposent” dans leur métier.

Conclusion

Cet atelier s’est conclus sur l’intérêt manifeste de quelques éditeurs curieux d’une suite. Construire une telle forge demande de créer une association de professionnels du livre, ouvrir une forge clients formalisant les groupes de travail en vue de développements spécifiques, classer et faire connaître les logiciels libres disponibles pour l’ensemble des métiers du livre. Elle peut être initiée ne serait-ce que par quelques éditeurs (libraires, imprimeurs…). La première question à se poser dans ce but est “De quels outils avons-nous besoin ?”. La seconde est “Comment les faire exister à moindres frais ?”

Nous, Les Complexes, sommes développeurs, donc a priori mal placés pour construire une forge clients. Nous restons cependant disponibles pour toute question, suggestion ou demande de participation concernant un projet de ce type.

Un autre exemple de forge client (Europe):

  • http://www.osor.eu/: “The Open Source Observatory and Repository for European public administrations (OSOR) is a platform for exchanging information, experiences and FLOSS-based code for use in public administrations.”

Nous sommes bel et bien dans un schéma disruptif pour la profession d’éditeur.

Mercredi 28 janvier 2009

Disruptif: (XVI e siècle) Au sens de « qui sert à rompre ». Dérivé savant, avec le suffixe adjectival -if, du latin disruptum, supin de disrumpere (« briser en morceaux, faire éclater »). Wiktionnaire

Cet article est la réponse que nous faisons à Aldus sur son blog http://aldus2006.typepad.fr dans une suite d’échanges intéressants au sujet du ePUB et des formats pour le livre électronique. Elle résume assez bien notre position et notre travail avec La Poule ou l’Œuf. Les citations sont extraites du dernier commentaire de Aldus.

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Nous ne sommes pas dans un schéma disruptif pour la profession, faire croire cela n’est pas honnête

Les Complexes: Nous pensons exactement l’inverse et ne pas le voir est étonnant ! La musique a été complètement transformée en très peu de temps, les radios de musique sont en chute libre, la presse écrite fait une mutation très difficile, la télévision explose de partout (VOD), et le monde du livre suivrait gentiment son bonhomme de chemin ?! Nous avons affaire à une révolution numérique qui a déjà transformé de fond en comble le monde de l’imprimerie dans les 15 dernières années. Aujourd’hui c’est bien le sens de la production et du commerce du livre qui sont en train d’être chamboulés par Internet !

On ne peut pas dire aux éditeurs d’oublier la vente de fichiers

Les Complexes: Si on le peut ! Mais ils sont incapables d’entendre, surtout si ils sont gros − la politique choisie pour l’instant est la résistance. Pourtant certains commencent à le comprendre. Nous sommes conscients de cette inertie c’est pour cela que nous proposons différents formats de sortie dans notre application (pdf,LaTeX et, à venir, tei,epub,docbbok…). Mais l’objet livre s’arrête, en tant qu’objet, avec le papier. Le numérique et le web ouvrent une nouvelle ère pour cet ordre spécifique de discours qu’est le livre. Le fichier est un intermédiaire avant le livre en streaming ! Il faut pour l’instant faire avec, et le ePUB n’est pas le plus mauvais format pour cette passerelle. Mais la créativité et la plus value de la numérisation viendra du livre-service − pas du livre fichier. Nous confondons souvent la technologie e-ink avec les readers ! L’encre électronique est révolutionnaire mais pas les readers qui peinent depuis longtemps à montrer leur intérêt par rapport au livre papier ! Un livre numérique, ce n’est pas un fichier que l’on transfère dans un reader et qui simule le livre papier, l’intérêt est pratiquement nul. Un livre électronique est un livre que l’on peut annoter, triturer, indexer, personnaliser, commenter, pour soi ou en partage. C’est un livre hyperlié, connecté vers d’autres données (autres livres, bases bibliographiques, bases de données… ). Bref c’est un service web !

Mettre en place une chaîne XML de l’auteur à la machine (lecteur ou machine d’impression), c’est impensable ou alors dans un cas d’école

Les Complexes: Alain Pierrot serait sûrement plus qualifié que nous sur cette question, mais cette affirmation nous semble fausse ! Si vous utilisez un traitement de texte récent (Word-OpenOffice) vous sortez du XML et si votre éditeur met en place une chaine de type →TEI→XSL-FO→PDF (pour l’impression) et →TEI→XSLT→HTML la chaine est complète et il n’y a rien d’extraordinaire là-dedans. À notre connaissance c’est comme ça que travaille revue.org avec des éditeurs de revues exclusivement papier à l’origine.
Le problème c’est la longueur de la chaine et le nombre de passages. Imaginez un Indesign en ligne et vous aurez compris notre travail. Et le travail de maquettiste n’est pas du tout incompatible avec la formulation xml !