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BookCamp Paris: résumé atelier “Forge”

Jeudi 1 octobre 2009

Les Complexe a animé au Bookcamp Paris, ce 26 septembre, un atelier intitulé “Une forge éditoriale comme place de marché” pour lequel nous avions invité François Élie, président de la forge ADULLACT pour les collectivités territoriales.

Avec ce premier exemple de forge verticale clients/développeurs nous voulions montrer ce que les professionnels de l’édition pourraient tirer d’une mutualisation autour de projets de développement métier. (Dans le texte ci-dessous nous employons le terme “éditeurs” pour désigner l’ensemble des métiers du livre.)

Une forge client ?

Cela consiste à:

  • monter des groupes de travail ciblés sur des besoins précis : déterminer quel(s) logiciel(s) ou développeurs pourraient répondre à ces besoins, collectivement (passerelles entre logiciels existants) ou individuellement (un module métier spécifique à ajouter à un logiciel donné),
  • organiser le financement mutualisé de ces développements,
  • répertorier et faire connaître à l’ensemble de la communauté de clients les logiciels métiers libres pertinents (http://adullact.net/softwaremap).

Les objectifs sont:

  • ne payer qu’une seule fois un travail (développement logiciel) qui ne demande pas à être re-produit à chaque nouvel exemplaire,
  • faire exister ses propres outils métiers plutôt que de dépendre exclusivement de la feuille de route des développeurs,
  • mutualiser et maintenir un patrimoine commun de logiciels libres métier.

Les développeurs libres peuvent y voir les avantages suivants:

  • faire financer leur travail en amont,
  • intégrer leur travail à celui des autres développeurs dans une optique de passerelles entre logiciels existants au lieu de réinventer la roue pour offrir un outil unique omnipotent.

Une quinzaine de personnes ont assisté à cet atelier et sont intervenues avec les remarques et questions suivantes:

La motivation des payeurs

Quelle peut être la motivation pour un éditeur de payer un développement dont d’autres profiteraient ? François Élie y a répondu par l’avantage d’être soi-même maître d’oeuvre du développement de ses propres outils. D’autre part une utilisation élargie assure la pérennité d’un outil et motive l’élargissement de son financement ultérieur. L’éditeur a ainsi tout à gagner à l’utilisation de “son” développement par les ouvriers de la 11ème heure.

Anti-capitaliste ?

Le caractère anti-capitaliste d’une telle forge: une forge clients est précisément une place de marché. Les acteurs y sont à titre de clients et de fournisseurs, les premiers se rejoignant dans un projet précis pour un achat unique et émettant des appels d’offre à destination des développeurs.

Coopérative ?

La nécessité des éditeurs de se regrouper en coopérative: en aucune façon. Les clients sont parfaitement indépendants les uns des autres mais regroupés en groupes de travail ciblés et temporaires.

Anti-concurrenciel ?

Les éditeurs n’ont pas intérêt à mutualiser ce qui peut constituer un avantage commercial. Dans le cas contraire les éditeurs ont deux choix:

  1. payer chaque année les licences de logiciels propriétaires dont ils ne maîtrisent ni l’existence ni l’orientation, et qui ne confèrent pas d’avantage commercial.
  2. financer du développement en interne pour voir éventuellement s’en aller les seules personnes compétentes pour l’évolution et l’interopérabilité de l’outil en question.

Personnes ressources ?

Qui fera le lien entre éditeurs et développeurs ? Les mêmes conseillers qu’aujourd’hui pour les éditeurs pourvus de tels conseillers, le groupe de travail concerté en lien direct avec les développeurs, une situation directe et inédite pour la plupart des éditeurs.

Prescription des normes

La prescription des normes: les normes ne sont pas du ressort d’une telle forge mais de celle des professionnels de l’édition en amont, dans leur veille. La forge est le lieu de la mise en oeuvre des outils répondant à ces normes. Ces normes sont de toute façon connues des développeurs lesquels peuvent donner un avis technique sur leur pertinence, évolutivité, contraintes, avantages….

L’Adullact comme forge éditoriale ?

Certains ont semblé voir dans l’ADULLACT la forge prête à accueillir les éditeurs. Or “L’ADULLACT s’est donnée pour objectifs de soutenir et coordonner l’action des collectivités territoriales, des administrations publiques et des centres hospitaliers dans le but de promouvoir, développer, mutualiser et maintenir un patrimoine commun de logiciels libres utiles aux missions de service public.” (http://www.adullact.org/) Aux éditeurs de monter leur propre forge, avec le conseil éventuel des acteurs de l’ADULLACT.

Dynamique petits et gros éditeurs

L’intérêt d’une telle forge a été également envisagé sous l’angle de la différence de moyens entre petits et gros éditeurs. La mutualisation des fonds et intérêts des petits éditeurs pour l’orientation de leurs outils libres de production et d’exploitation leur offre évidemment des perspectives intéressantes face au coût important et renouvelé de logiciels propriétaires qui “s’imposent” dans leur métier.

Conclusion

Cet atelier s’est conclus sur l’intérêt manifeste de quelques éditeurs curieux d’une suite. Construire une telle forge demande de créer une association de professionnels du livre, ouvrir une forge clients formalisant les groupes de travail en vue de développements spécifiques, classer et faire connaître les logiciels libres disponibles pour l’ensemble des métiers du livre. Elle peut être initiée ne serait-ce que par quelques éditeurs (libraires, imprimeurs…). La première question à se poser dans ce but est “De quels outils avons-nous besoin ?”. La seconde est “Comment les faire exister à moindres frais ?”

Nous, Les Complexes, sommes développeurs, donc a priori mal placés pour construire une forge clients. Nous restons cependant disponibles pour toute question, suggestion ou demande de participation concernant un projet de ce type.

Un autre exemple de forge client (Europe):

  • http://www.osor.eu/: “The Open Source Observatory and Repository for European public administrations (OSOR) is a platform for exchanging information, experiences and FLOSS-based code for use in public administrations.”

BookCamp2 Paris, Une Forge Édition comme place de marché.

Jeudi 17 septembre 2009

Les Complexes a proposé un second atelier au BookCamp Paris du 26 septembre, auquel se joint François Élie, président de l’Adullact.

Évènement “forge” au OWF

Nous profitons de cette occasion pour relayer l’information suivante : Un petit événement “forge” se tiendra le 2 octobre 2009 (14-16h) comme événement associé de l’Open World Forum dans l’idée de faire une très courte présentation, un rapide tour de table, et de lancer la discussion : The future of Open Source Forges, http://openworldforum.org/programme

L’intitulé de l’atelier BookCamp :

Une Forge Édition comme place de marché.

Intervenants :  François Élie (président de l’Adullact), La Poule ou l’Oeuf

Sujet : Dans la logique du BookCamp, “tous participants”, cet atelier propose d’étudier ce concept de forge verticale, thématique, et d’étudier sa faisabilité dans le domaine de l’édition privée et publique. Cette notion est à rapprocher de la notion de forge logicielle propre au développement de logiciels libres. Au contraire de celle-ci elle s’adresse cependant aux clients et non aux développeurs. La première du genre, que nous prendrons pour modèle est celle de l’ADULLACT, forge destinée aux administrations publiques.

La raison d’être d’un tel projet peut se résumer à cette phrase: “on ne peut utiliser que les logiciels qui existent!” (François Élie, “L’économie du logiciel libre”, Eyrolles 2008, en ePUB, PDF, Html zip, avant-propos en lecture libre et recommandée ici).

Aux clients (utilisateurs), donc, de demander et de financer, une seule fois et pour tous, les développements dont ils ont besoins, en mutualisant la demande métier plutôt qu’en attendant l’offre des développeurs (et en payant chacun pour la même solution). Appliqué au monde de l’édition ce projet consisterait à réunir en un même lieu (plateforme) :

  • les “clients” (éditeurs publics et privés, libraires, imprimeurs…) exprimant (par des “appels d’offres“) en concertation (groupes de travail) des besoins communs (ou particuliers) de développement logiciel pour répondre à leurs différentes problématiques,
  • les ressources techniques (logiciels libres) disponibles en fonction des besoins (production, archivage, exploitation, localisation…) et le lien vers les développeurs exprimant des “appels de demande” c’est à dire la publication d’un savoir-faire individuel ou collectif (d’où l’importance de la notion de logiciel libre pour des questions d’interopérabilité et d’évolutivité).

François Élie (élu à la Ville d’Angoulême, représentant de la Communauté d’Agglomération du Grand Angoulême et agrégé de philosophie) nous exposera les concepts, moyens, et réalisation de cette forge en relation avec un projet similaire dans le domaine de l’édition, ainsi que la difficulté de mutualiser… ensemble.