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La poule ou l'Œuf et le XmLateX
IV Services Web

    Chapitre 2    
Inter-connexion entre livres


2.1 Publier un même contenu dans plusieurs livres

2.1.1 Principe

Vous avez rédigé un livre dans La Poule ou l'Œuf. Vous désirez insérer une partie de son contenu dans un second livre créé dans l’application sans dupliquer le contenu. Vous pouvez connecter le bloc d’édition (appelons-le wiki1-01) dans lequel se trouve votre contenu dans le livre 1à un livre 2. Le bloc wiki1-01 n’est pas copié dans le livre 2 mais bien publié dans les deux livres. Si vous modifiez le contenu du bloc wiki il sera donc modifié pour les deux livres.
Exemples d’utilisation:
Insertion d’une mention légale dans plusieurs contextes,
insertion d’un tableau de données produites dans un document de travail vers un document destiné à la publication et à la diffusion,
Le contenu du bloc connecté à plusieurs livres peut être accessible en modification depuis l’ensemble des livres qui l’exploitent ou seulement depuis son livre d’origine, au gré de l’auteur.

2.1.2 Procédé

Depuis le livre d’origine du wiki à connecter cliquez sur le bouton Pages et wikis en haut du chapitre qui le contient.
Sélectionnez le wiki à connecter et cliquez sur son indication de structure, Wiki +, dans le menu Niveau de droite. La fenêtre des options du wiki s’ouvre:
Figure 2.1 Option access et connect pour un wiki
L’option access: cette option vous permet de donner accès aux modifications de contenu du wiki depuis l’ensemble des livres auxquels il sera connecté.
L’option connect: cette option vous permet de rendre ce wiki connectable depuis un autre livre.
Enregistrez vos modifications et quittez la page Pages et wikis.
Ouvrez la page du second livre auquel vous voulez connecter le wiki autorisé. Placez votre curseur à l’endroit du texte où vous voulez insérer le contenu du wiki connecté.
Créez une boîte XmLaTeX en cliquant dans le menu de gauche Boîtes/Code/XmLatex. Dans cette boîte insérez le code suivant:
entre les deux balises <id> </id> indiquez le nom du wiki à connecter
entre les deux balises <url> </url> indiquez l’adresse du livre d’origine du wiki à connecter
Enregistrez vos modifications et quittez l’éditeur de la page, votre contenu est inséré dans cette page, publié depuis le livre d’origine du wiki.
  module name="wikiconnect"
        <id>107-2</id>
        <lang>fr</lang>
        <url>http://localhost/lescomplexes/hyper_refacto/collections/col_pouloeuf/pouloeuf</url>
module
Tout le texte suivant est issu d’un wiki connecté depuis un autre livre (et que vous pouvez consulter ici : http://www.lescomplexes.com/poo/collections/col_complexes/liv_tractatus01/chapitre-119-fr.poule)

2.2 Première séance: l'évolution des organes

N’Guo avait passé l’été à travailler à la rédaction d’articles destinés à différentes revues spécialisées. Maintenant, il avait repris ses cours à l’université. Ceux-ci se déroulèrent assez bien. Et ses propositions semblaient rencontrer un fort écho chez les étudiants. Il commençait à savoir comment s’y prendre pour déclencher « la révolution de pensée » - comme Einstein avait dit - qu’il envisageait. Mais cela lui demandait du temps pour s’expliquer. Un article n’était pas suffisant. Un séminaire était trop court, un cours complet c’était bien, un livre était le mieux, mais les gens passaient de moins en moins de temps à la lecture attentive. Le monde moderne exigeait des textes courts et rapidement lisibles. N’Guo s’était rendu compte que cette manière de voir les choses reposait sur la confusion entre la forme et l’idée. La plupart du temps, on s’imaginait que la compréhension dépend de la présentation d’un texte, de la manière dont celui-ci est agencé. On pense donc qu’il existe une forme immuable et appropriée pour exposer n’importe quelle idée. C’est comme si on s’avisait de penser qu’il n’y a qu’une seule manière de peindre, de jouer de la musique ou de faire des mathématiques. Mais, surtout, cela reposait sur l’idée qu’il voulait justement remettre en cause et selon laquelle il existe des problèmes à résoudre et qu’il n'y a toujours qu’une seule manière de proposer des solutions. Il n’y aurait donc aucun rapport entre l’exposé d’un problème et le problème lui-même. Mais N’Guo pensait justement qu’il y avait un rapport. Il réfléchissait encore sur ce rapport d’ailleurs. Pour le moment, il s’était arrêté à l’idée que ce que nous nommons message repose sur la même illusion que ce que nous nommons temps. C’est-à-dire, pour ce qui concerne un temps, que nous oublions de rappeler la relativité ou la relation qu’il entretient avec un espace : ce qui s’exprime, suivant le cas par un espace/temps, une vitesse, un rythme, une fréquence, un seuil, une sélection, une bifurcation ou une constante. Et, pour ce qui concerne le message, nous omettons le medium. Et le message/medium est toujours lui-même déterminé par un autre message/medium, et ainsi de suite.
Ainsi, lorsque nous décidons de dire que le « message » est expressément ceci plutôt que cela, il s’agit non pas d’un effet mécanique, d’un reflet du message/medium sur l’individu, mais bien plutôt d’une sélection de message/medium effectuée par l’individu de tous les « messages » possibles.
Pour illustrer ceci, on pourrait prendre le cas d’un individu souffrant de paranoïa qui, dans un magasin, se retrouverait dans la situation où une vendeuse s’approcherait de lui avec un air affable en disant : « Que puis-je faire pour vous ? » Mais il ne pourrait pas dire s’il s’agit d’une « professionnelle », d’une invitation amoureuse, ou encore si on a remarqué quelque chose d’anormal dans son comportement qui inciterait à proposer de l’aide. Cet individu se trouverait dans l’impossibilité d’effectuer une sélection de « message » - ce qu’on appelle en fait déterminer un sens, car il ne percevrait pas le contexte, et de ce fait il isolerait le soi-disant message du medium qui est, ici, le magasin. Il ne pourrait donc pas savoir que, dans un magasin, les vendeuses se comportent de cette façon pour inciter les clients à l’achat.
Déterminer un sens, c’est exactement sélectionner un niveau d’information. Cette sélection peut être juste ou fausse, bonne ou mauvaise, ou ni l’une ni l’autre. Par exemple, si la vendeuse lui plaît, un individu peut faire semblant de prendre la phrase de la vendeuse pour une invitation amoureuse. Et ainsi de suite.
Il faut bien noter que tout cela n’est aucunement concevable et intelligible dans la vision shanonnienne de la communication et de l’information. Car la théorie de l’information de Shannon, tout comme la cybernétique de Wiener, ne sont pas des théories de la différenciation, des théories du changement, mais, au contraire, des théories de la transmission du même. Selon le modèle suivant :
Figure 2.2 Le concept paradoxal de transmission
Ce qui importe c'est évidemment de saisir les changements que signifient les processus d’« émission » et de « réception », ce dernier étant, surtout, une nouvelle émission. Et cette dernière n’est pas une « réaction équivalente » à l’« émission » première. En fait, cette équivalence entre émission et réception repose sur le même modèle que l’équivalence entre action et réaction dans la mécanique newtonienne. Il ne doit rien se passer d’autre entre les deux événements que la simple transmission du même. C’est ce qui explique que le monde avait été envisagé comme réductible à des équations, c’est-à-dire à un processus réversible. Les cybernéticiens et les théoriciens de l’information n’avaient pas encore fait leur révolution relativiste. Les trois cours qui suivent traitent surtout des dernières propositions de N’Guo sur les processus d’organisation et de socialisation.
Cette première séance, commença N’Guo, sera consacrée à vous exposer une nouvelle intelligibilité des grands niveaux de l’information organique et de l’évolution des organes. Nous nous appuierons désormais sur l’axiomatique, que nous supposerons connue et, pour la commodité de l’exposé, dès que j’utiliserai les concepts de complexification, de sélection, d’accélération, de différenciation, de quantification, même séparément, il faudra toujours les comprendre conjointement comme dans l’axiome 3. Le terme désignera donc les cinq concepts fusionnés, autrement dit le groupe intelligible de l’axiome 3.
Au cours de l’information organique, les êtres vivants se sont complexifiés en créant des organes de plus en plus complexes intégrés dans des organismes eux-mêmes, bien sûr, de plus en plus complexes aussi, et de plus en plus diversifiés. Laissons de côté l’évolution végétale, qui n’est pas notre propos ici, et considérons que l’évolution animale a ouvert parallèlement deux grandes avenues : les invertébrés tout d’abord, qui donnèrent les vers, les coquillages, les crustacés et les insectes, et les vertébrés ensuite qui donnèrent les mammifères, les primates puis l’espèce que nous nommons homo sapiens.
Ces grandes lignées ou phylum constituent, du point de vue de l’information générale, les grands niveaux de l’information organique. L’information organique s’arrête donc à l’homo sapiens car, comme nous allons le voir, cet homo sapiens est, à la fois, le dernier niveau de l’information organique et un nouveau niveau d’information, l’information anthropo/sociale.
Toutes les espèces qui parsemèrent ces deux grandes avenues expriment autant de tentatives, comme d’ailleurs les autres dont nous ne parlons pas, de poursuivre l’information. Une seule voie cependant, parmi toutes celles qui ont été prises dans l’extraordinaire et merveilleuse multiplicité des espèces, est cependant parvenue à créer un autre type de complexification qui a permis la poursuite de celle-ci sous d’autres formes encore, dont nous parlerons plus loin : la société ou plutôt, pour éviter les concepts cristallisés de la métaphysique, le processus de socialisation.
Cette voie est celle qui a conduit de la première bactérie à l’*homo sapiens*. Cela signifie, conséquemment, que toutes les autres voies sont, en quelque sorte, des impasses à cette poursuite. Le terme d’impasse est ici, comme nous l’avons vu précédemment, un terme logique qui ne préjuge en rien de la beauté des formes animales que l’on observe ; au contraire, cela nous rend encore plus sensibles à la « structure qui relie ».
Toutes les espèces animales, en effet, semblent se « reproduire » de manière relativement identique à elles-mêmes ( si l’on ne tient pas compte de l’intervention de l’homme qui, d’ailleurs, ne crée pas d’espèces nouvelles ) à l’intérieur d’une niche écologique spécifique et à l’intérieur également d’un seuil de variation spécifique permettant une certaine variété de comportements.
Nous remarquons alors un point fondamental : chaque individu de chaque espèce « consomme » des éléments organiques qui le précèdent dans l’information. Ce qui est normal puisque le complexe est issu du simple. Cependant, le terme de consommation cache en fait un phénomène naturel beaucoup plus fondamental encore que l’on retrouve à tous les niveaux de la complexification de la nature et que l’on pourrait énoncer ainsi : les formes dites vivantes, qui sont des formes de mouvements, se « nourrissent » des mouvements des formes qui les précèdent dans l’information.
Ce à quoi il faut cependant ajouter que les formes de cette « consommation » se complexifient elles-mêmes au fur et à mesure que l’on monte dans l’échelle de la complexification. C’est ainsi que nous autres, êtres humains, consommons des animaux et des végétaux ( c’est-à-dire les formes de mouvements qu’ils contiennent, afin de poursuivre les nôtres ), plus complexes, de la même façon que la Terre se nourrit des mouvements du Soleil qui, lui-même, se nourrit des mouvements de notre galaxie et ainsi de suite.
Un organisme, en général, est composé d’organes. Ces organes ne sont pas, bien entendu, disposés en vrac mais obéissent, pour constituer la formidable architecture organique, à un ordre de complexification déterminé. Au cours de l’information organique, les êtres dits vivants se sont développés par espèces en créant des organes de plus en plus variés permettant de créer des mouvements eux-mêmes de plus en plus variés. Les espèces évoluaient donc en poursuivant l’accroissement de cette variation ou différenciation.
C’est ce que j’appelle la poursuite de l’information générale sous la forme organique. Mais la plupart des voies empruntées conduisaient, tôt ou tard, malgré les tentatives les plus émérites et les imaginations les plus débordantes, à une impasse. Quels sont ces mouvements ? Ils vont des déformations biochimiques des êtres monocellulaires avec consommation d’ions minéraux à la construction d’idées générales sur le monde qui motivent les êtres humains en société. Entre ces deux formes de mouvements, il y a, non pas une différence fondamentale de nature, puisque nous sommes tous dans la même nature, mais une prodigieuse différence de complexification.
L’acquisition de formes de mouvements de plus en plus complexes est donc équivalente à l’acquisition d’organes de plus en plus complexes, ce qui signifie aussi, conformément à notre principe d’équivalence, de plus en plus rapidement.
La remarque précédente nous conduit à reprendre une hypothèse formulée du temps de Darwin, par deux biologistes allemands, Karl Ernst von Baer et Ernst Haeckel. Le premier formula la « loi des états correspondants » issue d’une comparaison entre les embryons des vertébrés. Voici ce qu’il écrivait :
Je suis tout à fait incapable de dire à quelle classe ils appartiennent. La similitude du mode de formation de la tête et du tronc de ces animaux est telle qu’il pourrait s’agir de lézards, de petits oiseaux ou de très jeunes mammifères. Les extrémités sont encore inexistantes, mais, même si elles étaient présentes, la première étape de leur développement ne nous apprendrait rien, étant donné qu’ils proviennent tous de la même forme fondamentale 1
Puis, à partir des données de von Baer, Haeckel va proposer la théorie de la récapitulation selon laquelle « l’ontogénèse récapitule la phylogénèse ». Thèse géniale mais très controversée car elle ne reposait pas sur des arguments logiques solides mais sur une conception purement mécanique, darwinienne, de l’évolution. Essayons donc de la revoir.
Nous avons noté que les formes complexes tiraient leurs mouvements des formes plus simples ; et que, plus nous montons dans la complexification, plus les espèces que nous rencontrons sont dotées d’une plus grande variation de mouvements en même temps que de formes ( selon notre relation fondamentale forme/mouvement ).
Lorsqu’on observe le développement d’un individu d’une espèce, par exemple l’homme, à travers l’épigénèse ( c’est-à-dire le développement de l’embryon après la rencontre des gamètes mâles et femelles ), on constate cependant qu’il passe des formes les plus simples de la vie ( la forme procaryote : sous la forme d’ovule et de spermatozoïde ) à la forme la plus complexe, non pas en 3,6 milliards d’années, mais en neuf mois. Car, que nous le voulions ou non, nous sommes tous passés, les uns et les autres, de l’état de cellule procaryote à l’état d’embryon. Nous avons tous fait le chemin de l’évolution en quelques mois, dans un raccourci incroyable. Mais pas une récapitulation au sens de Haeckel, dans une accélération fulgurante, selon notre principe d’équivalence complexification ∫ accélération. C’est ce développement que j’appelle information organique au niveau de l’individu. L’épigénèse ne récapitule pas mécaniquement la phylogénèse mais refait, en accéléré, le chemin d’une des voies de l’information organique, selon l’espèce considérée, à travers la sélection/complexification/etc. des séquences informationnelles retenues au cours de cette information.
Cela est encore une illustration de notre principe d’équivalence et du théorème proposé selon lequel un niveau d’information contient les éléments accélérés/sélectionnés/etc., au cours du processus, des niveaux qui le précèdent dans l’information.
On remarquera que l’individu de l’espèce n’a, en fait, pas de « commencement ». Son information s’effectue par la création accélérée d’une succession de niveaux séparés par des seuils de transformation : gamétogénèse, épigénèse, naissance, apprentissages, mort. Pour un individu de l’espèce humaine, nous pouvons sélectionner les séquences suivantes :
n: gamétogénèse : information organique unicellulaire ( non sexuée ) séquences d’ADN, cellule procaryote, eucaryote ( gamètes ).
n+1 : épigénèse : information organique pluricellulaire ( sexuée ) fécondation, invertébré, vertébré, mammifère, primate, nouveau-né.
n+2 : périgénèse : information socio/organique ; naissance, perte de la pilosité, station debout, marche, libération de la main, acquisition du langage, pensée conceptuelle, etc.
Nous poursuivrons cette séquence de différenciation lorsque nous aborderons l’apprentissage.
On peut voir que la gamétogénèse n’est pas elle-même un « début », mais un niveau d’information.


1. Baer, Karl Ernst von (1792-1876). Encyclopedia Britannica in (174)
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